#04. Deux questions à… Seth Ickerman

Constat édifiant : en 2016, les projets français s’appellent Les Visiteurs 3, les Tuche 2, Camping 3, Brice de Nice 3, Boule et Bill 2, et consorts. Le retour de Promouvoir, ayatollah de la sacro-sainte Morale Médiévale n’arrange rien. Résultat : on ne peut que constater que la marge de notre cinéma a de plus en plus de mal à être visible en salle (les quelques salles pour Evolution de Lucile Hadzihalilovic) quand ils ont la chance d’y arriver (le Made in France de Nicolas Boukhrief qui finit en VOD, les titres qui finissent uniquement en vidéo comme Alone, Night fare ou Dealer). Du coup, nous avons décidé de contacter plusieurs flibustiers du cinéma de genre qui tentent de donner vie à cette marge, pour leur poser deux questions : « Pourquoi le cinéma de genre français a-t-il tant de mal à exister ?« , et « Quels sont tes projets ?« . Une manière de faire le bilan, de donner la parole aux intéressés. Pour ce quatrième épisode, nous donnons la parole au mystérieux Seth Ickerman, dont la bande-annonce de son projet éponyme a affolé la toile et laisse augurer beaucoup d’espoirs…

Pourquoi le cinéma de genre français a-t-il tant de mal à exister ?

Si je me réfère à mon expérience personnelle dans le domaine de la science-fiction, notamment dans mes démarches auprès des producteurs français, j’ai toujours eu beaucoup de mal à « vendre » mes projets :  « on ne fait pas ce type de films en France, ça coûte trop cher, on ne sait pas faire ça» etc… Il a fallu beaucoup travailler pour rassurer (le proof of concept de mon long métrage Ickerman a été réalisé dans ce sens).

Toutefois, j’ai l’impression que les choses sont en train de changer. Il existe aujourd’hui de nouvelles façons de produire, de nouveaux moyens techniques qui permettent d’envisager la fabrication des films (visuellement ambitieux) avec des budgets plus contenus qu’auparavant. Le cinéma de genre français n’a donc peut-être pas encore dit son dernier mot. J’imagine aussi qu’il a sûrement un complexe vis-à-vis de l’hégémonie du cinéma américain dans ce domaine.

En ce qui me concerne, je ne pense jamais en ces termes. Si mes projets peuvent d’une certaine manière être assimilés à des gros films de genre américains, je ne m’en soucie pas. Ma seule ambition est de raconter, de la meilleure façon possible, des histoires qui me portent. Si mes univers demandent souvent beaucoup d’effets spéciaux, c’est uniquement pour servir mon propos et non pour concurrencer un cinéma américain ou autre… Sans avoir la prétention de dire que j’en suis moi-même capable, je crois que la seule façon d’exister, c’est de réaliser des œuvres artistiquement riches et abouties. Genre ou non, français ou pas, ce sont ces projets qui emportent durablement l’adhésion des spectateurs.

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– Quels sont tes projets ?

Je développe depuis 5 ans plusieurs projets de science-fiction. Aujourd’hui, je travaille avec des producteurs pour essayer d’en matérialiser l’un d’entre eux : Ickerman. Si tout se passe bien, ce film sera mon premier long-métrage.

Merci à « Seth Ickerman ».  Retrouvez toutes les infos sur le site du projet.

Posté par Sylvain Perret le 01-06-2016

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