La Petite Criminelle

©Inser&Cut

Réalisateur:
Nicolas Ribowski

Filmographie réalisateur:
1983 : Une affaire d’hommes
1989 : Périgord noir

De l’importance d’avoir un très bon alibi.

Assistant pour Jacques Tati ou pour Alain Cavalier, Nicolas Ribowski se destine à une carrière de réalisateur pour la télévision, de « Médecins de nuit » aux grands entretiens d’écrivains présentés par Bernard Pivot, il fut l’un de ses brillants artisans de l’âge d’or de la télévision au même titre qu’un Maurice Dugowson avec « Droit de réponse » animé Michel Polac. Mais il serait terriblement réducteur de le cantonner à ce rôle-là car en 1981, Nicolas Ribowski réalise « Une affaire d’hommes » et quel film de cinéma ! Malgré une concurrence avec le « Diva » de Beineix qui bouscule les règles du genre, la pub fait son entrée remarquée dans le petit monde du cinéma français, chic et en toc ; Ribowski, lui, va jouer la carte de la sobriété et nous livrer ce polar manipulateur digne d’un film de David Mamet.

D’ailleurs, c’est lors d’un enregistrement de l’émission « Ah vous écrivez ! » qu’il va justement faire la connaisance de Georges Conchon, romancier et scénariste, qui compte à son actif des succès tels que « Le sucre » ou « L’état sauvage » adaptés au cinéma par Jacques Rouffio et Francis Girod avec la réussite que l’on sait.
Les deux hommes partagent la même passion pour le vélo et la littérature. Ils vont donc s’atteler à un scénario qui tient à la fois d’un mécanisme d’horlogerie suisse que de la fable à la « Bouvard et Pécuchet » en passant par un portrait d’hommes que n’aurait pas renié un Claude Sautet.

Dans le rôle du promoteur immobilier, Louis Faguet, soupçonné du meurtre de sa femme, Jean-Louis Trintignant y livre une performance tout en nuances, coupable ou non coupable, à chacun de délivrer son propre verdict ; Claude Brasseur, le commissaire divisionnaire Servolles, pugnace et râleur, tout en intériorité, connaît avec ce film le sommet de sa carrière d’acteur. Après ce personnage de flic blessé, il enchaîne l’année suivante avec son plus beau personnage, celui de ce comédien raté en quête de rédemption dans « Josepha » de Christopher Frank.

Tout au long de ce webdoc, Nicolas Ribowski se prête au jeu de la reconstitution de son film devant l’hippodrome de Longchamp, et plus précisément autour de « la fameuse boucle » qui sert de piste d’entrainement à ces coureurs cyclistes du dimanche. Il va décliner les différentes étapes de ce film, d’abord avec « les traces » qui fait référence à la clé principale de l’énigme et véritable leitmotiv, puis devant le moulin de Lonchamp pour nous parler de l’alibi de Faguet, « le virage », étape cruciale avant le sprint final et enfin, « l’arrivée » justement où la confrontation entre les deux hommes y est spectaculaire.

En parallèle, Nicolas Ribowski va évoquer son amitié avec Georges Conchon et se confier sur ses impressions de tournage avec une franchise désarmante.
Peu diffusé sur les chaînes câblées, « Une affaire d’hommes » n’a jamais été édité en dvd.


Partie 2

Partie 3

Posté par Roland le 07-08-2014

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